À 34 ans, Kev Adams remplit des salles. Il a déjà animé des émissions de télévision et construit l’une des carrières cinématographiques les plus solides de sa génération en France. Pourtant, sur la scène d’America’s Got Talent, tout cela ne comptait plus vraiment. Face à Simon Cowell, Sofía Vergara, Mel B et Howie Mandel, l’humoriste français repartait presque de zéro. Aucun avantage lié à sa notoriété. Aucun public acquis. Juste quelques minutes pour convaincre des spectateurs qui, pour la plupart, n’avaient jamais entendu son nom.

Si comme Kev, l’anglais c’est chaud pour vous… noubliez pas le sous-titrage en bas de la vidéo

L’exercice avait une difficulté supplémentaire. Kev Adams ne venait pas présenter un numéro visuel ou musical. Il faisait du stand-up en anglais. Or l’humour voyage rarement aussi bien qu’on l’imagine. Une blague qui fonctionne à Paris peut tomber à plat à New York ou à Los Angeles. Les références changent, le rythme aussi, et l’oreille du public n’est plus la même. Le 2 juin, lors de la première soirée d’auditions de la saison 21, il a pourtant trouvé le ton juste. Son numéro, construit autour des différences entre Français et Américains, n’avait rien de révolutionnaire sur le fond. Mais il a su jouer avec ce terrain familier sans donner l’impression de réciter une leçon déjà entendue. Les réactions sont arrivées rapidement. Quelques rires d’abord, puis une salle de plus en plus réceptive. Dans ce genre d’émission, où chaque seconde est scrutée, cette progression vaut souvent mieux qu’un éclat isolé. Le résultat n’a surpris personne. Quatre oui. Direction le tour suivant.

Au-delà de la qualification, cette apparition raconte quelque chose de la stratégie de Kev Adams. Alors qu’il pourrait se contenter de son succès français, il poursuit depuis plusieurs années une aventure américaine exigeante et incertaine. Peu d’artistes acceptent volontairement de redevenir des débutants après avoir atteint une forme de confort professionnel. C’est pourtant le choix qu’il semble avoir fait. Et pour l’instant, l’expérience lui réussit plutôt bien. Mazel tov, Kev.

Rachel A. Silberman

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