NEWS SABABA MÉDIAS
EDITO

Mazel tov !
SABABA MÉDIAS est né sans fracas, presque à l’écart, dans cette respiration fragile où l’on croit encore possible de bâtir un lieu avec trois mots posés doucement. Quelques jours à peine. Nous voulions avancer sans fanfare, sans mazel tov prématuré, simplement en déposant quelques articles comme on aligne des galets sur un rebord de fenêtre. Un geste discret. Pas de heurts. Le monde en déborde déjà. La fraîcheur, la douceur, la bienveillance, c’était notre minuscule territoire protégé.
Les premiers articles ont suivi un instinct simple, presque instinctif, célébrer des personnalités inspirantes. Shira Haas. Lou Helwaser. Mark Kondratiuk. Noa Kirel. Richard Berry. Rien d’autre. Poser des noms, ouvrir des portes, montrer une direction, offrir une lumière. Puis tout s’est accéléré. Plus vite que prévu. Les talents, les vrais, les organiques, les généreux sont arrivés presque avant l’appel. Auteurs, photographes, chroniqueurs, créateurs de gestes, d’images, de phrases. Une ruée douce, inattendue. Notre idée d’avancer au rythme de la théorie du chaos et de structurer en marchant s’est trouvée propulsée par leur énergie. Une maison a commencé à se construire alors même que nous n’avions pas encore dessiné les plans. Alors SABABA MÉDIAS a ouvert plus grand.
Nous écoutons nos propres paroles qui sont déjà un lointain écho : « Comme un matin qu’on entrouvre. Une lumière neuve. Un air encore mince. Ici, l’esprit respire. Ici, la joie s’insinue entre les lignes. Ici, la curiosité retrouve son battement juste. Un désir ancien revient, redonner saveur, éclat, évidence aux belles choses ». Ainsi SABABA MÉDIAS devient une halte improbable au milieu de la course du monde. Une table posée dans un angle qui échappe au tumulte. Et soudain, les pierres de Jérusalem sont dans un coin de la pièce. Le jasmin de Yaffo flotte dans les interstices. Le sable d’Herzliya brûle avant de consentir à la douceur.
Le cinéma trouve refuge. La littérature retrouve son souffle. La musique soulève sa poussière d’or. Les arts visuels ouvrent des brèches. La gastronomie réveille des souvenirs. Le sport restitue la joie du mouvement. Et si une œuvre ne touche pas, elle s’éloigne sans bruit. Pas de lashon hara. Pas d’aigreur en veille. Une critique nette, jamais armée. L’Histoire. Les sciences. L’archéologie. Les jardins. L’architecture. L’artisanat. Et la danse, toujours la danse, qui dit ce que les mots taisent. Chaque domaine apporte son fragment, sa nuance, son souffle.
SABABA MÉDIAS ne cherche pas à convaincre. SABABA MÉDIAS cherche la vie. Celle qui vous surprend hilare dans un Shuk en plein midi. Celle qui se cache sous un figuier. Celle qui traverse l’air dans un rire d’enfant. Celle qui scintille sur la Mer de Galilée. Si cela vous parle, entrez. Une chaise vous attend. Une page aussi. Un sourire en réserve. Tout ce qui surprend, apaise, illumine. Tout ce qui vit malgré le vacarme. C’est vous. C’est nous. C’est SABABA MÉDIAS. Mazel tov !
Eden Levi Campana
