En France, on sépare volontiers les mondes. À chacun sa sphère, sa tribu, son langage. Les savoirs relèvent de l’université, la culture des institutions, la mémoire des commémorations, la spiritualité des lieux de culte, le débat des médias, la polémique des réseaux sociaux. Tout semble avoir sa place, son public, ses codes. Et pourtant, à force d’ordonner ainsi la vie intellectuelle, quelque chose se défait. La vue d’ensemble se perd. Les mondes cessent de se parler.

C’est précisément ce qui frappe lorsque l’on franchit les portes de l’ECUJE. On peut y écouter un historien le lundi, assister à une rencontre littéraire le mercredi, débattre d’Israël le jeudi, découvrir un film le dimanche. Quelques étages plus haut, des élèves venus d’horizons différents apprennent l’hébreu. Sur le rooftop, une conversation se prolonge après une conférence. Rien, en apparence, de spectaculaire. Mais cette simple coexistence est devenue rare.

Depuis plus de soixante ans, l’Espace Culturel et Universitaire Juif d’Europe refuse de réduire la culture à une succession d’événements. Le lieu repose sur une intuition profonde. La connaissance ne progresse pas seulement par accumulation. Elle avance par rencontre. Rencontre entre les disciplines, entre les générations, entre des personnes qui ne fréquenteraient pas naturellement les mêmes cercles. C’est là que se joue une part de sa singularité. À l’ECUJE, on croise des chercheurs, des artistes, des étudiants, des enseignants, des responsables associatifs, des croyants, des laïcs, des curieux. Non parce qu’ils appartiennent tous au même monde. Justement parce qu’ils viennent de mondes différents.

L’ECUJE demeure fidèle à une temporalité devenue précieuse. Celle de l’étude, de la lecture, de la conversation, de l’humain. Les sujets les plus sensibles y trouvent leur place, notamment lorsqu’il est question d’Israël. Non pour ajouter du bruit au bruit, mais pour restituer ce qui manque souvent au débat public. Du contexte, de l’histoire, de la nuance, de l’intelligence, de la bienveillance. Dans une époque où les opinions se durcissent avant même de s’être instruites, un tel espace n’est pas seulement utile. Il est nécessaire.

L’Institut Universitaire Elie Wiesel prolonge cette exigence. Transmettre ne consiste pas seulement à conserver un héritage. C’est le rendre vivant, le confronter au présent, le mettre à la portée de nouvelles générations. Chaque conférence, chaque cours, chaque rencontre participe de cette ambition. On mesure souvent la valeur d’une institution à sa visibilité. Son importance réside parfois ailleurs. Dans ce qu’elle rend possible. Dans les conversations qu’elle provoque. Dans les liens qu’elle maintient. Dans les esprits qu’elle forme, discrètement, au fil des années.

C’est pourquoi, à SABABA MEDIAS, nous pensons que l’ECUJE mérite d’être soutenu. Les 31 mai et 1er juin, l’institution organise une grande campagne de mobilisation. Pendant quarante-huit heures, chaque don sera doublé grâce à l’engagement de généreux mécènes. Les contributions ouvrent droit à une réduction fiscale de 66 % au titre de l’impôt sur le revenu. Les personnes assujetties à l’IFI peuvent également soutenir l’Institut Elie Wiesel et bénéficier d’une réduction fiscale de 75 %. Soutenir l’ECUJE, ce n’est pas seulement financer une programmation culturelle. C’est permettre à l’un des rares lieux où les savoirs, les générations et les sensibilités continuent de se rencontrer de poursuivre sa mission.
Rachel A. Silberman
Participation
https://www.allodons.fr/ecuje2026/gad-ibgui
Soutien IFI à l’Institut Elie Wiesel
https://donner.instituteliewiesel.com/elie-wiesel-ifi






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