Pendant deux semaines, notre rédaction suivra le cinéma au plus près, avec une attention particulière portée aux artistes, aux créateurs et aux voix issues des cultures juives. Rencontres, débats, projections, nouveaux visages, producteurs, enjeux culturels et mutations du secteur. Une manière de traverser Cannes autrement, en prenant le temps d’écouter celles et ceux qui font vivre le cinéma aujourd’hui.

Nous commençons cette série d’articles avec Laurence Benhamou, avocate franco-américaine qui interviendra au Marché du Film autour d’un sujet désormais central pour toute l’industrie audiovisuelle. L’intelligence artificielle et ses conséquences sur la création contemporaine. Laurence Benhamou est une avocate spécialisée dans le droit du cinéma, de la musique et des industries culturelles. Installée entre Paris et la Californie, elle accompagne depuis plusieurs années producteurs, réalisateurs, auteurs et artistes sur les questions liées à la propriété intellectuelle et aux grandes évolutions du secteur audiovisuel. Le 15 mai prochain, au Pavillon Israël du Marché du Film de Cannes, elle animera une rencontre consacrée à l’intelligence artificielle dans le cinéma et la création audiovisuelle. À ses côtés, Devy Man, artiste et créateur connu pour son travail autour des images génératives, des expériences immersives et des nouvelles écritures visuelles liées à l’intelligence artificielle.

Le sujet n’a plus rien de théorique. Aujourd’hui, des outils capables de générer des images, des voix, des musiques ou des séquences vidéo complètes entrent progressivement dans les méthodes de production du cinéma et des séries. Certains y voient une révolution artistique. D’autres une zone de risque juridique encore mal définie. Entre les deux, toute une industrie cherche surtout à comprendre où commencent les droits et où ils s’arrêtent. Qui possède une image créée par une machine. Comment protéger une œuvre fabriquée à partir de matériaux humains et artificiels. Peut-on reproduire une voix, un visage, une présence. Que deviennent les droits d’auteur lorsque les outils apprennent à partir d’œuvres existantes. Derrière les démonstrations technologiques, ce sont désormais des questions concrètes qui concernent directement les producteurs, les réalisateurs et les artistes. C’est précisément ce qui donne de l’intérêt à cette rencontre cannoise. L’approche choisie reste très ancrée dans la réalité du terrain. Pas de discours spectaculaire sur “le futur du cinéma”. Pas de fascination naïve non plus. La discussion s’annonce avant tout comme un échange sérieux entre création, droit et industrie.

Dans les couloirs du Marché du Film, le sujet est devenu incontournable. Les plateformes observent. Les studios expérimentent. Les producteurs avancent avec prudence. Beaucoup cherchent déjà à intégrer ces nouveaux outils sans fragiliser les œuvres ni les artistes eux-mêmes. Dans ce contexte, la présence de Laurence Benhamou prend une dimension particulière. Son travail consiste justement à accompagner cette transition dans un environnement où les règles classiques du droit audiovisuel sont désormais confrontées à des technologies capables de transformer profondément la fabrication des images.

Eden Levi Campana

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