SABABA MÉDIAS a ouvert une nouvelle respiration avec « GRAND ANGLE », un rendez-vous éditorial et culturel pensé comme un pas de côté pour élargir le regard, ralentir le rythme, accepter la complexité du réel plutôt que ses raccourcis. Une traversée où créations, rencontres, textes et instants artistiques se répondent pour explorer un même thème sous plusieurs angles. Pour cette première édition, nous avons choisi de regarder l’indifférence en face. Avec en toile de fond le 7 octobre, bien entendu. L’indifférence comme une mécanique vivante. Comment elle s’installe doucement, comment elle se banalise, comment elle se justifie, comment elle finit par ressembler à une normalité confortable et en contrepoint, tout ce qui résiste, tout ce qui relie, tout ce qui réveille, tout ce qui empêche de détourner les yeux.

La première édition de « GRAND ANGLE » s’est refermée comme on quitte la table de sa grand-mère après shabbat, après une traversée des mets inoubliable, comme un voyage sur la plage d’Israël avec du sel sur la peau, du vent dans la mémoire et cette certitude intime d’avoir vécu quelque chose qui ne se répétera jamais à l’identique. La première édition de « GRAND ANGLE » ne fut pas un événement parmi d’autres, mais une respiration collective, un battement de cœur partagé, une parenthèse où le temps semblait s’étirer pour laisser place à la rencontre, à la parole vraie, à l’émotion nue. Ce fut un succès, non pas mesuré à l’aune des chiffres, mais pesé au poids des regards, des frissons, des instants, de l’émotion, à la densité des liens tissés. Des dizaines de visages se sont croisés comme on croise des étoiles filantes, laissant derrière eux une traînée de lumière et la promesse d’un souvenir durable. Des conversations se sont ouvertes comme des fenêtres sur d’autres mondes, d’autres parcours, d’autres sensibilités.

Et puis il y eut cette flamboyance singulière du ShakshukaBaret, à l’ECUJE, ce moment de désordre lumineux où l’art surgit sans prévenir, où la musique, la voix, les gestes et les rires se mêlaient en une chorégraphie spontanée. Une farandole d’émotions, un carnaval de sens, une célébration de la créativité à l’état brut, portée par Lolo et Elena, Delphine U, Reine Ruby, Mel, Neshima, Fonzie Kohane, Shoshana Bloomberg, Ridiclown, Lililove, Noga, Salomé, William Levy. Les artistes y étaient des passeurs de feu, allumant dans les cœurs des étincelles qu’aucun silence ne pourra éteindre. L’ouverture, portée par notre incroyable collaborateur Paul Germon et le co-fondateur de SABABA MÉDIAS Maurice Zaoui, s’est déployée comme une aube sur un paysage encore endormi. Chaque instant fut capturé par le regard d’Alexandra Pellas, orfèvre de la lumière, sculptrice de l’instant, capable de transformer un souffle en éternité. Ses images prolongent le temps. Elles sont des miroirs de joie, des coffres à souvenirs, des ponts entre l’instant vécu et la mémoire à venir.

Les mots du texte de Maurice et Paul (ci-dessous), confiés à votre dévoué serviteur, se sont levés comme une brise chaude, caressant l’assemblée et l’invitant au voyage. Très vite, la soirée s’est teintée de romanesque, car l’amour s’y est glissé comme un personnage imprévu dans une pièce de théâtre. Paul est tombé amoureux de Lolo, avec cette sincérité désarmante qui fait sourire les étoiles (voir Hymne à Lolo, à la suite), tandis que Maurice, dans un élan de cœur aussi vaste qu’un horizon d’été, est tombé amoureux de Lolo et de tous les autres artistes, embrassant la création dans son ensemble comme on embrasse une famille retrouvée.

Pour accueillir cette effervescence, il fallait un lieu capable d’en porter la densité, l’Espace Culturel et Universitaire Juif d’Europe, plus connu sous le nom d’ECUJE. Fondé en 1963, l’ECUJE est devenu au fil des décennies l’un des grands pôles culturels juifs de Paris et d’Europe. Depuis plus de 60 ans, ce lieu fait dialoguer mémoire, création artistique et réflexion contemporaine. Concerts, expositions, projections, rencontres littéraires, conférences, enseignement de l’hébreu et grands débats de société s’y déploient. L’ECUJE construit dans la durée un espace de pensée et de transmission, où l’intelligence collective se cultive patiemment. Ce rayonnement doit beaucoup au travail patient, minutieux et intelligent de Gad Ibgui et de son équipe. Par leur vision, leur constance et leur sens du détail, ils ont su faire de ce lieu un véritable carrefour culturel, reconnu bien au-delà de la communauté juive. Rare à Paris, l’ECUJE incarne une culture en mouvement, fidèle à ses racines tout en regardant le monde en face, un lieu hors du commun, façonné dans le temps long, qui fait vivre la mémoire, la création et la réflexion au présent.
Autre instant de grâce, le TALK SHOW SABABA (voir les vidéos en ligne), véritable agora contemporaine, battait au rythme des échanges, vibrant d’intelligence, de tendresse et de profondeur, porté par la richesse et la diversité des voix de Maurice Zaoui, Fanny Germon, Martine Konorski, Mathias Elasri, Lou Helwaser, Ariel Koseleff, Xavier Taquilain, Jérémie Abessira, Paul Germon, isabelle et Antoine Chereau, Céline Attal, Oren Giorno, Lolo Ferrara et Olivia Schmoll derrière la caméra. Les invités ne venaient pas déposer des discours, ils offraient des fragments d’âme. Les mots y circulaient comme un fleuve fertile, tantôt paisible, tantôt impétueux, toujours vivant.
Le seul vertige de cette réussite tient dans son abondance. Trop de moments forts pour un seul récit, trop de sourires pour une seule galerie, trop de voix pour une seule diffusion. Les images débordent comme une rivière en crue, les interviews s’accumulent comme des perles précieuses, les souvenirs affluent comme une marée heureuse. Qu’importe. Nous les partagerons pas à pas, comme on feuillette un album de famille, comme on savoure un vin rare, comme on raconte une épopée au coin du feu. On est SABABA MÉDIAS, et SABABA MÉDIAS sait prendre le temps du plaisir.
Cette première édition de « GRAND ANGLE » n’a pas seulement existé dans un calendrier. Elle s’est inscrite dans les corps, dans les esprits, dans les cœurs. Elle a semé des graines d’enthousiasme, de curiosité, de fraternité. Elle a prouvé que lorsque l’on rassemble les êtres autour du sens, de l’art et de l’humain, il ne se produit pas un événement, il naît une aventure. Et cette aventure ne fait que commencer. Elle avancera comme une vague, parfois douce, parfois puissante, mais toujours portée par l’élan de créer, de relier, d’élargir l’horizon. La première édition fut une promesse tenue. Les suivantes seront des promesses amplifiées.
Eden Levi Campana

Hymne à Lolo
Lolo est une femme pas très grande, très jeune, genre 25 ans. C’est à ça qu’on reconnaît la dynamite ! Dynamique, entreprenante. Bon, jusque-là, rien que de très normal, objectivement. Mais Lolo est une Tune, comme votre serviteur. Et elle confirme une vérité scientifique encore trop peu étudiée les immenses qualités des Tunes je cherche encore les défauts sont transmissibles par les gènes et ne souffrent pas de la traversée de la Méditerranée. Mardi 27, cabaret à l’Écuje, animé par Lolo, explosive. Et là, révélation la baguette magique existe.
Lolo métamorphosée. Un canon. Pas grande, un canon hyper sexy. Une aisance incroyable sur scène. Hyper drôle. Bonne voix. Très jolie. Une vraie leader. Pas une once de rasra. Je suis envoûté, au point de recevoir un déluge de paillettes de sa part sans broncher, c’est dire. Les espoirs passés sur scène étaient excellents (même si, soyons honnêtes, un peu âgés pour moi 78 ans).
Mais je dois saluer en dernier la prestation de Paul Germon, accompagnant à la guitare, présenté et c’est peu comme le nouveau Django Reinhardt, Momo Zaoui (groupe Adama), lui aussi grand espoir (82), disant un superbe texte d’Eden Levy Campana sur l’indifférence. La formule Lolo devrait être déposée à l’INPI, commercialisée en pharmacie et délivrée sans ordonnance ! Je suis arrivé spleeneux, je suis reparti complètement boosté. Merci à Lolo, à toute l’équipe et à tous les espoirs, en particulier à Paul en toute immodestie assumée et à Momo, baryton de grâce et de feu.
Paul Germon







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