Séance ciné avec ma fille et mon p’tit dernier (bon je vais devoir arrêter de l’appeler ainsi car il me dépasse presque). Je l’attendais. Les critiques étaient élogieuses. Évidemment on est tous fans des films du duo Éric Toledano & Olivier Nakache : des films cultes, les répliques qui restent en ref’, l’attachement aux histoires et aux personnages. On peut les voir et revoir sans se lasser, le plaisir est toujours intact.
Alors dès que j’ai pu, j’ai organisé cette soirée ciné avec les enfants en pensant que l’on allait rire sans arrêt comme dans Nos jours heureux, Intouchables ou Le Sens de la fête. Que nenni. On rentre en cachant de la nourriture dans le grand sac en tissu de ma fille, 3 boissons mal fermées se sont littéralement renversées dans tout notre repas et ses affaires. Ça commence bien… Ça nous apprendra à choisir la facilité de la malbouffe.
Le film démarre. Fébrilité du moment partagé. Ça fait 1000 ans que je n’ai pas été au ciné avec ma fille depuis qu’elle a un amoureux. On savoure notre moment. Le film démarre après un grand nettoyage de nos affaires et un repas englouti rapidement et aussi discrètement que possible. 10, 15, 20 minutes se passent. Rien, presque rien. On ne rit pas. Mais que se passe-t-il ? Elle est où la recette magique habituelle ?? Ma fille me demande « le film démarre quand maman ? ». Je ressens la même chose. Et puis c’est toute la subtilité de ce nouvel opus. La lenteur. Le fait de poser le cadre. Les personnages. Installer plus lentement l’histoire. Nous faire rentrer dans leur famille : les Dayan. Nous faire voyager dans notre enfance : les années 80. Quand on a la 50′, ce film est une madeleine de Marcel Proust.

Tous les détails de reconstitution sont un merveilleux voyage nostalgique vers nos tendres années. Les posters des chanteurs dans la chambre des enfants, des films comme Footloose, les fringues, les appels sur le téléphone familial où on bloquait la ligne pendant des heures… Les bandes de copains où on grandissait ensemble et non plus cachés derrière un écran de téléphone. Les amis de toutes confessions qui vivent normalement leur amitié. Et puis la musique omniprésente où pendant le film on danse sur notre fauteuil avec Camille Cottin quand elle se lâche dans son salon, on lève les bras avec les musiques de notre adolescence comme si on était à un concert (pas de souci on est au dernier rang).

Ce film est l’éloge de la lenteur… Au début. Puis subrepticement, il célèbre la nostalgie, la famille, ces années 80’s où tout était différent et on dit toujours « c’était mieux avant ». Les premiers émois, les regards qui se croisent, les mains qui se frôlent, les sentiments naissants, la conquête du 1er amour, les petites choses que l’on garde de l’autre pour les mettre contre son cœur puis dans une boîte de souvenirs.
Mon flashback perso est le souvenir de ces années où nous avions un vidéoclub tenu par mes parents, et pendant les vacances par deux jeunes filles, ma sœur et moi… Pas facile pour les clients de prendre une cassette réservée aux adultes. On faisait comme si c’était un film de Julia Roberts, un Disney, on continuait de parler comme si de rien n’était. Finalement, ça fonctionne. Différemment mais ça fonctionne. Et vous ? Vous avez aimé ?
Sandra Amar





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