Confidences
On ne dira rien. Ou si peu. Pendant toute la durée du Festival de Cannes, la team SABABA MÉDIAS sera là. Mais cela doit rester secret, c’est entre vous et nous chutttttt. Nous irons vers celles et ceux qui font les films. Des cinéastes, des artistes, des techniciens. Israéliens, juifs, venus de différents pays, porteurs chacun d’une histoire singulière. Il s’agira d’interroger un lien, une mémoire, une manière d’habiter le monde à travers le cinéma. Ce mouvement, nous l’initions avec Sabina, une artiste israélienne. C’est elle qui donne le top départ de ce qui va suivre. Des portraits naîtront. Des entretiens aussi. Des voix qui se répondent sans forcément se connaître. Une cartographie intime, loin des récits convenus, attentive aux nuances et aux silences. À partir de la semaine prochaine, et pendant trois semaines, le cœur de SABABA MÉDIAS battra à Cannes, avec Cannes, au rythme de la ville et de ce cinéma juif venu du monde entier, qui persiste, malgré tout, malgré eux.

ENTRETIEN SABINA
Sabina est une artiste au parcours à la croisée de plusieurs cultures et disciplines. Née en Allemagne, élevée en Israël et formée à Los Angeles, sa trajectoire se nourrit d’influences variées qu’elle met au service de son travail d’artiste. Son approche repose avant tout sur une implication personnelle. Elle choisit ses projets avec discernement, en privilégiant les récits qui résonnent avec son histoire et ses convictions. Cette exigence se retrouve aussi dans son engagement comme coproductrice, où elle cherche à accompagner des œuvres qui ont du sens plutôt que de multiplier les apparitions. En parallèle, la musique occupe une place importante dans son expression artistique. Plus directe, plus exposée, elle lui permet d’explorer une autre forme de lien avec le public, complémentaire de son travail à l’écran.
SABABA MÉDIAS : Votre identité s’est construite entre l’Allemagne, Israël et les États-Unis. Comment ces trois cultures influencent-elles votre manière d’aborder un rôle ?
SABINA : C’est quelque chose que je ressens en permanence. Chaque lieu m’a façonnée différemment, et j’apporte cela dans mon travail de composition. Il y a un mélange d’intensité et d’ouverture que je ne pourrais pas dissocier, même si j’essayais.

Votre parcours vous rapproche-t-il naturellement de récits liés à la mémoire, à l’identité ou à l’héritage juif ?
Je m’y sens proche. Lorsqu’une histoire touche quelque chose de réel, autour de la mémoire, de l’identité ou de l’appartenance, j’y suis naturellement attirée. Cela a une dimension personnelle et spirituelle. Pour mes deux derniers films, je suis d’ailleurs tombée par hasard sur un scénario portant le nom de ma mère et de ma grand-mère. J’ai immédiatement ressenti un lien spirituel et émotionnel avec ces projets.
Le fait d’être également productrice vous permet-il de défendre plus librement des projets qui vous touchent intimement ?
Oui. Cela me permet de rester au plus près de ce qui compte pour moi. Je ne m’implique que lorsque j’aime le scénario et mon personnage. J’ai besoin de travailler sur quelque chose qui me touche.
Avez-vous perçu des différences dans la manière dont l’identité est vécue ou exprimée selon les pays où vous travaillez ?
Bien sûr, on le ressent, même de manière subtile. Dans certains endroits, c’est simplement une part de la vie, ailleurs cela a plus de poids. Le fait de passer de l’un à l’autre me rend plus consciente de la fragilité et de l’importance de cette identité.
Entre la musique et le cinéma, comment se déploie votre expression artistique et votre lien au public ?
La musique est l’endroit où je suis la plus exposée, c’est quelque chose de brut. Le cinéma est l’espace où je transforme cette émotion en personnage. Mon inspiration consiste à relier les gens à travers l’art. Nous avons la capacité de donner vie à des histoires personnelles et de créer un lien direct avec le public.





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