Vous vouliez la genèse de la constitution de l’équipe SABABA ? Voici notre histoire : Terre du Milieu – ext/ jour – La caméra s’ouvre sur le mont Moriah qui observe Jérusalem. Une porte ronde, jaune, avec un sourire rouge peint au centre, comme si la maison accueillait déjà ceux qui allaient entrer. Le matin est clair. Eden Levi Campana journaliste et cinéaste est sur le pas de sa porte. Une tasse à la main, de thé à la menthe. Il respire lentement. Tout est à sa place. Chaque objet a son rôle. Chaque minute son rituel. Dans son jardin Eden sourit à cette paix parfaitement réglée. Un léger bruit derrière lui. La caméra pivote. Rachel A. Silberman est là. Debout. Immobile. Elle semble avoir toujours été dans le cadre. Eden sursaute à peine, sourit poliment. Quelques mots anodins. Le temps. La journée. Eden souhaite une bonne journée sans réfléchir. Rachel sourit, comme si cette phrase était une clé. Elle s’approche de la porte jaune et trace un signe rapide, presque joueur. Eden ne regarde pas. Il rentre chez lui.

Grotte d’Eden – int/ jour – La grotte est chaleureuse, parfaitement ordonnée. Eden range une tasse, ajuste un coussin, fredonne. On frappe. Il ouvre. Momo Zaoui est là. Présence massive. Une voix qui résonne avant même de parler. Il entre comme un chant qui commence. Juste derrière, Lou Helwaser apparaît : elle est Bouba, la grand-mère de tous. Elle sourit et, sans un mot, commence à déposer par terre d’énormes coussins jaunes. Ils surgissent de partout. Sous son bras, derrière son dos, d’on ne sait où. Eden regarde, interdit. Il ne comprend pas ce qu’elle fait avec tous ces coussins. Il ne comprend surtout pas d’où ils sortent, eux et les cousins. Momo l’accompagne en chantant tel un violoniste sur un toit. La porte ne se referme plus. Paul Germon entre en parlant fort, tirants des airs tunisiens de sa guitare en bandoulière. Momo se joint à lui. Leurs voix remplissent la maison avant même que leurs manteaux ne tombent. Sarah Zeppilli arrive ensuite, vive, attentive, les yeux brillants. Valerie Librati traverse la pièce avec assurance. Ava Mergy et Sarah Ganon-Brami bondissent à l’intérieur comme des étincelles. Bouba et Francine Szapiro s’échangent des nouvelles de la famille. Olivia Schmoll observe chaque détail avec curiosité.Ariel Kosseleff va droit vers la table et déclame un slam.Martine Konorski s’installe calmement sur un coussin jaune fraîchement posé, comme si elle avait toujours su qu’il serait là. Elle tire un carnet et une plume de son sac et écrit.

La maison change de rythme. Les mots amusants tombent. Les bottes claquent. Les voix se croisent. Les coussins jaunes envahissent le sol, les coins, les pieds des meubles. Eden tourne sur lui-même. La cuisine devient un tourbillon. Les placards s’ouvrent. Les biscuits disparaissent. Le thé déborde. Momo parle fort en goûtant tout. Ava danse entre les chaises. Sarah sourit, écoute, regarde. Valerie empile les assiettes de travers. Olivia rit. Ariel mange déjà. Martine observe. Bouba ajuste un coussin sous la table avec un sérieux presque sacré. Le balagan est total, joyeux, vivant. Eden court, sourit, s’excuse, glisse presque, rit malgré lui.

Grotte d’Eden – int/ nuit – Momo Zaoui se met à chanter. D’abord doucement. Une voix grave, profonde, qui ne force rien. Une voix qui semble monter de sa poitrine comme une mémoire ancienne. La pièce ralentit. Les gestes se suspendent. Les autres se taisent. Puis, un à un, ils murmurent avec lui. Pas fort. Presque à l’intérieur d’eux-mêmes. Pour ceux qui ne voient pas, c’est un peu la chanson « Misty Mountains Song » dans « Le Hobbit ».

Ce titre parle de routes, de feu, de pierres, de transmission. Le murmure enfle. Il glisse le long des murs. Il traverse la porte jaune. Il dépasse la maison. Il va au-delà de la montagne.Rachel A. Silberman entre sans bruit. Elle écoute. Elle sourit. Le chant s’achève doucement. Un silence plein reste suspendu. Puis les regards se croisent. Des cartes apparaissent. Des idées circulent. Il n’est plus question de peur ni de rôle. Il est question de route. D’aller ensemble. De montrer. De transmettre.

Grotte d’Eden – int / jour – Eden se réveille. La maison est vide. Propre. Trop calme. Les coussins ont disparu. La porte jaune sourit toujours. Sur la table, une note. Eden la lit. Il n’hésite pas longtemps. Il se lève d’un bond. Il attrape son manteau. Oublie le reste. Il sort en courant et traverse le village. Les voisins le regardent passer. Sur la route, ils sont tous là. Ils rient. Ils chantonnent encore. Eden les rejoint, essoufflé. Les sourires s’élargissent. Ils partent ensemble, pour l’aventure. Pour faire découvrir l’art, les cultures juives, les chants, les gestes, les coussins jaunes et le balagan joyeux qui fait battre le monde. La caméra s’élève. Le groupe s’éloigne sur la route.

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