Momo Zaoui, chroniqueur à SABABA, a reçu Leah Marciano pour parler de Tikkoun Olam, son livre de photographies. Le livre s’ouvre sur le 7 octobre 2023. Tikkoun Olam (la réparation du monde) commence dans ce moment de sidération, puis choisit rapidement un autre point de focale. Non pas le chaos, mais ce qui s’organise après. Les gestes. Les présences. Les liens qui se reforment.
Photographe et vidéaste, Leah Marciano explique que l’image est devenue pour elle une manière d’exprimer ce qu’elle ressent et ce qu’elle voit, parfois plus justement que les mots. L’appareil photo s’est imposé comme un outil, un langage, un refuge aussi. Photographier, écrit-elle, c’est tenter de mettre un cadre là où tout déborde, chercher une forme de lumière dans ce qui semble ne plus en contenir. Les photographies ont été prises en France et en Israël. Elles donnent à voir des femmes et des hommes engagés, souvent loin des projecteurs. Des bénévoles, des associations, des individus qui agissent sans bruit. Leurs actions sont diverses, mais une même énergie les traverse. Réparer. Soutenir. Reconstruire.
Le livre est ponctué de textes signés par plusieurs contributeurs prestigieux, aux profils très différents. Journalistes, auteurs, penseurs, artistes, responsables communautaires. Leurs mots accompagnent les images sans les diriger. Ils ouvrent des espaces de réflexion, de respiration, d’émotion. Parmi eux, Nora Bussigny (journaliste d’investigation), Elie Korchia (président du Consistoire de France), Maitre Déborah Journo (avocate), Noam Cartozo (comédien), Rachel Khan (essayiste et juriste), Raphaël Enthoven (essayiste et philosophe), Virginie Guedj (auteur), Jonathan Allouche (auteur), Emilie Belina Richard (professeure de Pilates), Camille Shalevet Gewelbe (fondatrice de By Shalevet) et Delphine Horvilleur (rabbin et écrivaine)
L’introduction de Delphine Horvilleur donne le ton avec une phrase simple et marquante : « Depuis le 7 octobre 2023 », écrit-elle, « les étoiles ne brillent plus tout à fait de la même manière. Le ciel a changé. » Une phrase qui traverse tout le livre et en résume l’esprit.
Tikkoun Olam n’est ni un manifeste ni un livre de guerre. C’est un livre de témoignages, d’émotions, de lumière. Il parle de douleur, mais surtout de solidarité. De ce qui se reconstruit, lentement, obstinément. L’engagement est aussi concret. L’intégralité des bénéfices du livre est reversée au kibboutz Nir Oz pour sa reconstruction. Une continuité logique entre le regard posé et l’acte posé.
La première édition est déjà épuisée. Une réimpression est en cours. La sortie officielle est prévue le 7 octobre 2025. Une date mémoire, lourde de sens, choisie comme un point d’ancrage pour rappeler que réparer le monde commence souvent par un geste modeste, un regard.
Eden Levi Campana






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