Une de mes amies est venue à Netanya pour un mariage. Pendant la soirée, elle a rencontré un Israélien beau et charmant… et elle n’est jamais repartie. Ce n’est peut-être pas une destination habituelle pour les mariages, mais en Israël tout devient possible. La preuve. Ce qui m’inspire cet article. Alors parlons tourisme en 2025, mariage la prochaine fois. Une bonne année. Israël a une fois encore une énergie nouvelle, une sorte de mouvement souple et joyeux qui a traversé les villes et les paysages du nord au sud. Les voyageurs, d’abord hésitants, ont recommencé à affluer, puis à circuler, puis à se disperser dans les rues ensoleillées avec une détente qui n’appartenait qu’à eux. Au fil des mois, le pays a vu passer des visiteurs venus pour respirer ailleurs, pour goûter à une atmosphère différente, pour trouver une lumière qui embellit tout, même les trottoirs les plus banals.

Les chiffres, sans chercher à impressionner, traduisent cette respiration. Un peu plus de cent mille visiteurs en mars, cent vingt-quatre mille en mai, une hausse spectaculaire en août, et une stabilité inattendue sur l’ensemble de l’année. Il ne s’agit pas d’un raz-de-marée touristique, mais d’un courant continu, presque musical, qui a redonné aux rues leur brouhaha joyeux. Tel Aviv a retrouvé son rythme de pas rapides mêlés à des arrêts fréquents devant les vitrines, les cafés et les vélos laissés contre les murs blanchis par le soleil. On y voit des couples qui cherchent la meilleure glace de la ville, des amis qui comparent leurs tatouages de vacances, des familles qui marchent lentement en levant la tête pour tout regarder à la fois. Dans les marchés, les visiteurs se laissent entraîner par les couleurs, par les parfums et par l’enthousiasme des marchands qui font goûter des épices ou des fruits. Les voyageurs photographient les étals, rient lorsqu’ils se font surprendre par des vendeurs trop loquaces, repartent avec des sacs remplis de dattes, de petits pains chauds et de souvenirs qu’ils n’avaient jamais prévu d’acheter. Ils disent souvent que c’est ce mélange de spontanéité et de chaleur humaine qui les touche le plus, bien plus que les monuments ou les musées.

Jérusalem attire une autre forme de visiteurs, ceux qui cherchent une beauté plus silencieuse, une beauté qui se glisse dans les pierres anciennes, dans les ombres des arches, dans les ruelles où le temps paraît se courber. Là encore, le mouvement est doux, calme, presque suspendu. Les touristes se laissent ralentir par les lumières changeantes, par les arômes de café, par les voix mêlées de dizaines de langues. Ils repartent souvent avec une impression difficile à formuler, comme si la ville les avait enveloppés d’une atmosphère intime et profonde. Haïfa déploie une séduction plus discrète, presque secrète. Les collines embrassent la mer, les terrasses sur les hauteurs offrent des panoramas qui arrêtent la marche, et les jardins impeccables attirent ceux qui aiment l’ordre presque parfait. On s’y promène longtemps, sans se presser, en alternant cafés tranquilles et rues étroites qui débouchent soudain sur des vues immenses. Au sud, Eilat reste la promesse simple d’une eau claire et d’un farniente assumé. Les visiteurs y flottent, plongent, s’allongent, se relèvent, repartent chercher un smoothie, reviennent, et recommencent. La chaleur y donne une impression d’apesanteur qui transforme même les plus pressés en adeptes du ralentissement volontaire.
Tout au long de l’année 5785–5786, le pays a semblé retrouver ce qui le caractérise le mieux, une forme de joie spontanée. Les voyageurs sont venus pour s’offrir une respiration, pour rencontrer des israéliens heureux, pour goûter des plats simples mais savoureux, pour écouter la musique qui s’échappe d’une fenêtre ouverte. Ils ont trouvé un pays vivant, attachant, parfois un peu fou, souvent tendre, toujours surprenant. On repart d’Israël avec une sensation en tête, une sensation qui ressemble à une musique légère, celle que l’on entend quand une ville respire pleinement. Et c’est peut-être cela, au fond, la meilleure définition du tourisme en 2025. En Eretz la vie swing, tout va vite, même les mariages.
Rachel A. Silberman






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