L’alliance récente entre Noa Kirel et Daniel Peretz a fait glisser la chanteuse israélienne, déjà omniprésente dans l’espace culturel, vers une zone où l’attention médiatique s’entrelace avec les chiffres. À peine le mariage célébré, la voilà classée parmi les vingt femmes de footballeurs les plus riches du monde. L’information provient d’une analyse du site Glam Set & Match qui estime sa fortune à sept millions de dollars. Les montants reposent sur des données publiques, donc variables, mais ils dessinent une tendance lourde. Les vingt premières de ce classement possèdent une richesse cumulée de 408 millions, dont une écrasante majorité provient de leurs propres activités.

Le trio dominant réunit Virginia Fonseca, partenaire de Vinicius Jr., avec soixante-dix-huit millions, Victoria Beckham avec soixante-dix millions et Anna Lewandowski avec soixante-trois millions. Ces trois femmes ont bâti des structures économiques qui dépassent largement le périmètre émotionnel ou sportif de leur couple. Mode, sport, beauté, création de contenus, chacune orchestre un véritable système productif, au point que leurs fortunes réunies représentent plus de la moitié du total du classement.

Dans cette constellation, Noa Kirel apparaît comme un cas révélateur. À vingt-quatre ans, elle ne se contente pas d’une image de star locale. Une carrière lancée très tôt lui a offert des bases solides. Albums à forte audience, clips et concerts construits comme de vastes spectacles, collaborations internationales, campagnes publicitaires, rôle de jurée dans des émissions télévisées, visibilité constante sur les réseaux. De saison en saison, elle a transformé une vocation artistique en marque globale, avec une cohérence d’ensemble qui explique sa présence dans un palmarès où dominent celles qui ont fait de leur nom une entreprise.

Dans un paysage longtemps structuré par l’idée que le sportif incarne l’essentiel de la réussite, ces données indiquent un mouvement différent. Le capital culturel et économique se déplace. Les femmes associées aux joueurs ne restent plus en marge. Elles investissent, produisent, créent, diversifient leurs activités et affirment une autonomie financière visible. Le classement scrute leurs patrimoines, mais ce sont surtout leurs trajectoires qui retiennent l’attention, car elles témoignent d’une redistribution plus subtile. L’attention se porte moins sur leur lien sentimental que sur leur capacité à générer leur propre valeur.

Dans ce cadre, l’arrivée de Noa Kirel dans les vingt premières n’est pas un effet collatéral de l’actualité mondaine. Elle signale la capacité d’une artiste israélienne à étendre sa présence au-delà du champ musical. Elle s’inscrit dans un mouvement international où la notoriété devient une force capable de se déployer sur plusieurs terrains, du divertissement au commerce en passant par l’image et la communication.

L’observation prête certes à sourire tant le contraste entre romance et chiffres est saisissant, mais elle ouvre surtout une réflexion sur l’autonomie économique et la puissance des trajectoires individuelles. Noa Kirel ne se voit pas transformée par son mariage. Elle poursuit simplement un chemin qui, depuis des années, met en avant la constance de son travail et l’efficacité de ses choix. Dans ce récit, la fortune n’est pas un trophée. Elle est une conséquence d’un engagement artistique continuel, renforcé par une capacité à habiter plusieurs espaces à la fois.

Rachel A. Silberman

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